Le rapport indique que le malaise dans l'entreprise est avant tout causé par l'inégalité de répartition des richesses. Les revenus du capital ont en effet augmenté de manière exponentielle alors que les salaires stagnent. En parallèle, la recherche d'une productivité toujours plus élevée a entrainé un accroissement de la pression et de la charge de travail, ravivant d'autant plus le sentiment d'inégalités et d'injustice des salariés.



De sombres prévisions


D'après les rapporteurs, si cette situation n'est pas endiguée, les conséquences à long terme seraient désastreuses à la fois pour les salariés, mais aussi pour la « compétitivité » des entreprises.


La vision court-termiste des entreprises associées à une répartition des richesses au détriment des salaires risque de précipiter une baisse globale de la croissance. Face à cette situation, les entreprises auront alors tendance à flexibiliser davantage les salaires et les emplois, ce qui augmenterait d'autant plus les tensions sur le marché du travail.


L'augmentation du chômage et la précarisation des emplois qui en découleraient compléteraient alors la rupture du pacte social. Cette situation dégrade en effet le compromis « sécurité/autonomie » qui est censé exister sur le marché du travail. Une situation porteuse de risques psychosociaux grandissants et d'une démotivation au travail... Situation elle-même porteuse de baisse de productivité et de compétitivité. Un cercle vicieux dont il sera difficile de sortir sans une réelle modification du modèle de gouvernance des entreprises.



Les solutions proposées


Pour les sénateurs, les stratégies d'entreprises doivent avant tout se réinscrire dans une vision à long terme. Plus encore, leurs critères de performances doivent être revus afin de tenir compte des conditions de travail et des salaires.
Mais pour éviter le scénario « du pire », une réelle revalorisation du travail et une sécurisation des parcours professionnels deviendront de plus en plus indispensables.