Un salaire horaire qui varie fortement selon le statut professionnel
En 2022, les cadres perçoivent en moyenne un salaire horaire brut de 33,5 euros, soit 2,3 fois plus que les employés (14,6 euros). Cet écart, bien qu’atténué en prenant en compte d’autres facteurs (sexe, âge, ancienneté, secteur, etc.), reste important à caractéristiques comparables (+63 %). Les professions intermédiaires affichent un salaire moyen de 19,4 euros, tandis que les ouvriers gagnent 14,3 euros de l’heure.
Le niveau de diplôme influence également la rémunération. Les salariés titulaires d’un bac+5 ou plus perçoivent en moyenne 31,4 euros de l’heure, soit une différence de 93 % par rapport aux titulaires d’un baccalauréat (16,3 euros) et de 115 % par rapport aux salariés ayant au maximum le brevet des collèges (14,6 euros).
Une progression salariale avec l’âge, mais des écarts atténués par d’autres facteurs
L’évolution salariale suit généralement une progression avec l’âge. Le salaire horaire brut moyen est de 14,0 euros pour les moins de 30 ans et atteint 24,4 euros pour les salariés de 60 ans ou plus. Cette hausse s’explique notamment par l’expérience professionnelle et l’ancienneté dans l’entreprise.
Cependant, en neutralisant d’autres variables comme le niveau de diplôme ou la catégorie socioprofessionnelle, l’écart salarial entre un salarié de 60 ans et plus et un salarié de 40 à 49 ans passe de 14 % à seulement 4 %. Cela signifie que d’autres facteurs jouent un rôle prépondérant dans la progression des salaires au fil de la carrière.
Les inégalités salariales entre hommes et femmes persistent
En 2022, dans les entreprises d’au moins 10 salariés, le salaire horaire brut des femmes est de 18,4 euros, soit 13 % de moins que celui des hommes (21,2 euros). Cet écart se réduit à 8 % lorsque l’on prend en compte les différences de profil, notamment le fait que les femmes sont moins souvent cadres et plus présentes dans les secteurs moins rémunérateurs, comme la santé ou les services aux particuliers.
Toutefois, une part de cet écart ne s’explique pas uniquement par ces critères mesurables. D’autres éléments, comme les différences de niveau de responsabilités ou de missions exercées, contribuent à ce différentiel sans pouvoir être précisément quantifiés dans l’étude.
De fortes disparités entre les secteurs d’activité
Le secteur d’activité joue un rôle déterminant dans la rémunération. Les salariés travaillant dans l’information et la communication perçoivent en moyenne 28,9 euros de l’heure, tandis que ceux des activités financières et d’assurance gagnent 28,7 euros. À l’inverse, l’hébergement et la restauration affichent les salaires horaires les plus bas (14,3 euros), suivis des services administratifs et de soutien (15,2 euros).
Toutes choses égales par ailleurs, l’effet propre du secteur sur la rémunération reste significatif. Par exemple, la construction offre des salaires supérieurs de 15 % à ceux du commerce (valeur de référence), tandis que l’enseignement affiche des salaires inférieurs de 18 %.
Un positionnement intermédiaire de la France en Europe
En comparant les salaires au niveau européen, la France se classe au 10e rang des pays de l’Union européenne en termes de salaire horaire médian, avec 16,5 euros. Ce niveau reste inférieur à celui de l’Allemagne (18,9 euros) et bien en deçà du Danemark (29,7 euros), pays où le modèle de financement de la protection sociale repose principalement sur l’impôt.
Les écarts entre pays restent marqués : les salaires médians sont les plus faibles en Bulgarie (4,1 euros), en Roumanie (5,6 euros) et en Hongrie (5,7 euros). Lorsqu’on ajuste ces données au niveau de vie via le standard de pouvoir d’achat, les écarts se réduisent, mais demeurent importants, variant dans un rapport de 1 à 3 entre les pays les mieux et les moins bien rémunérés.
Les très petites entreprises offrent des salaires plus bas, mais avec des écarts réduits entre hommes et femmes
Pour la première fois, l’INSEE intègre les très petites entreprises (TPE) dans son étude. En 2022, le salaire horaire brut y est de 16,7 euros, soit 3,2 euros de moins que dans les entreprises de 10 salariés ou plus. L’écart entre les sexes y est également plus faible : les femmes y gagnent en moyenne 15,9 euros contre 17,3 euros pour les hommes, soit un écart de 8 %, inférieur à celui observé dans les entreprises plus grandes.
Comme ailleurs, les écarts entre catégories socioprofessionnelles restent marqués : les cadres perçoivent 29,4 euros de l’heure, tandis que les employés et ouvriers gagnent en moyenne 13,6 euros. Les différences entre secteurs d’activité, bien que présentes, sont plus modérées que dans les grandes entreprises.
Une rémunération annuelle moyenne de 39 166 euros dans le secteur privé
Au-delà du salaire horaire, l’INSEE révèle que la rémunération brute annuelle moyenne des salariés du secteur privé s’élève à 39 166 euros en 2022. Ce montant inclut les primes, l’épargne salariale et d’autres éléments exceptionnels, comme les indemnités de licenciement. Le salaire brut annuel seul atteint 38 267 euros, et 86,2 % des salariés ont perçu une prime, d’un montant moyen de 5 506 euros.
Enfin, les heures supplémentaires représentent en moyenne 476 euros par an, mais elles ne concernent que 37,7 % des salariés. L’épargne salariale, qui englobe l’intéressement et la participation, atteint en moyenne 1 505 euros et profite à un salarié sur deux.
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