L’« austérité généralisée » reste la seule option privilégiée alors que les stigmates de la récession historique de 2009 ne sont toujours pas effacés. A ce jour tant le volume de la production que l’emploi en France n’ont pas refranchi leurs niveaux pré-crise, c'est à- dire ceux de début 2008.

Prévisions de croissance du FMI : la pente savonneuse

Après un relèvement en avril, le FMI a procédé cet été à un ajustement à la baisse de ses prévisions de croissance, en justifiant ce mouvement de yo-yo par l’apparition de « nouveaux signes de faiblesse », en particulier aux États-Unis et en Europe où « la périphérie de la zone euro », selon les termes du Fonds, présente des risques de turbulences financières, Grèce et Espagne en premier lieu.

La France n’est pas épargnée par ces révisions : -0,1 point de croissance attendue pour cette année et -0,2 point pour 2013. Au-delà du chiffrage, l’institution ne fournit aucun argumentaire pour justifier cette baisse.

Globalement, la majorité des pays développés traverse dans le meilleur des cas une phase de reprise économique timide (États-Unis) et bien souvent une forme de stagnation prolongée de l’activité aux lisières de la récession (France, Royaume-Uni).

 France : l’activité stagne dangereusement

Avant même la révision du FMI, les prévisions de la Banque de France sonnaient comme une alerte devant la menace d’une dérive récessive de l’activité économique.

Après les 0 % de croissance enregistrés au premier trimestre, la pente vers une nouvelle récession semble se préciser dangereusement. En mars, l’Insee prévoyait encore un léger rebond de 0,2 % au deuxième trimestre mais depuis, les remontées statistiques témoignent d’une inversion de tendance.

Parmi les signaux négatifs pour les perspectives de croissance, l’atonie des investissements demeure préoccupante. Depuis sa décrue sensible en 2009, au cœur de la crise financière, l’investissement peine toujours à rebondir. Seulement une entreprise sur trois aurait réalisé des investissements en 2011 et l’attentisme paraît plus que jamais de mise en 2012. Ce phénomène est particulièrement visible dans les TPE/PME qui souffrent par ailleurs de difficultés persistantes de financement et de freins manifestes au crédit bancaire.

Dans le cadre des réflexions sur le redressement productif de la France, le gouvernement a annoncé une nouvelle mission sur la compétitivité des entreprises confiée au tout nouveau commissaire général à l’investissement Louis Gallois.

FORCE OUVRIERE (ré)exposera naturellement et avec force ses analyses et ses positions sur le sujet en refusant de céder à cette obsession récurrente de la dimension coût du travail alors que les véritables enjeux concurrentiels sont ailleurs : politique et stratégie industrielle, innovation, recherche-développement, relations de sous-traitance, financement des PME, interventions et actions publiques, grands projets...

 

Source : Confédération FO - secteur Économique