Une recherche perçue comme complexe et stressante
La recherche d’une entreprise en alternance est largement vécue comme une étape difficile par les étudiants bac +3 et plus : 67 % d’entre eux affirment avoir rencontré des obstacles pour trouver un contrat. Ce ressenti s’accompagne d’un climat de forte pression, accentué par la multiplication des refus et l’urgence croissante à l’approche de la rentrée.
En plus de la rareté des offres ressentie, les candidats doivent composer avec une faible expérience professionnelle, ce qui renforce leur incertitude lors des entretiens. L’étude souligne combien cette phase du parcours est exigeante, notamment psychologiquement, pour ces jeunes souvent encore peu familiers avec le monde de l’entreprise.
Anticiper pour mieux choisir
Les étudiants commencent leur recherche en moyenne six mois avant le début de leur formation. Pourtant, beaucoup estiment qu’ils auraient dû s’y prendre encore plus tôt ou s’impliquer davantage dès le départ. En effet, les entreprises, en particulier les plus grandes, finalisent souvent leurs recrutements entre mai et juin : à la mi-juin, 77 % d’entre elles ont déjà retenu un alternant.
En anticipant davantage et en s’adaptant au calendrier des recruteurs, les étudiants ont accès à un éventail plus large d’opportunités. Pour celles et ceux qui débutent leur recherche plus tardivement, des postes restent disponibles, mais ils doivent souvent revoir leurs exigences à la baisse.
Revoir ses critères pour décrocher un contrat
Si les étudiants privilégient initialement le contenu des missions (66 %) et le domaine d’activité (47 %), beaucoup finissent par élargir leurs critères pour maximiser leurs chances. Deux tiers des alternants déclarent s’être montrés ouverts dès le départ ou avoir assoupli leurs critères en cours de route.
Ainsi, 27 % ont fait des concessions sur le temps de trajet et 23 % sur les missions proposées. Rejoindre une PME ou une TPE, malgré une préférence initiale pour les grandes entreprises, s’avère fréquent. Malgré ces ajustements, 84 % des étudiants ayant fait des concessions se disent satisfaits de leur expérience en entreprise.
Tous les canaux de recherche comptent
Pour décrocher une alternance, les étudiants utilisent plusieurs leviers. Le réseau personnel ou professionnel est cité par 31 % des alternants comme canal d’accès à leur poste, suivi des offres en ligne hors établissements (29 %), des candidatures spontanées (24 %) et des dispositifs proposés par les établissements d’enseignement (24 %).
Les candidatures spontanées, en particulier, permettent de devancer la publication d’offres officielles. Les réseaux – qu’ils soient familiaux, amicaux ou scolaires – jouent également un rôle d’appui moral et logistique dans les moments de découragement, en apportant conseils et encouragements.
Une mobilisation intensive nécessaire
Dans un marché concurrentiel, les étudiants doivent multiplier les candidatures : 47 % ont envoyé au moins 20 candidatures avant de trouver une entreprise. Seuls 8 % ont été recrutés dès leur première tentative. La majorité, soit 77 %, a passé des entretiens avec plusieurs entreprises, dont 42 % avec au moins quatre organisations différentes.
La personnalisation des candidatures est jugée déterminante par les recruteurs. Adapter son CV et sa lettre de motivation aux offres et aux entreprises rencontrées permet de faire la différence, même si cela demande un investissement conséquent.
Le rôle clé de la motivation
Les entreprises qui recrutent des alternants accordent une importance primordiale à la motivation (99 %) et aux compétences comportementales (97 %), loin devant les compétences techniques (70 %). Contrairement aux jeunes diplômés, les alternants sont principalement évalués sur leur potentiel.
Les recruteurs cherchent à déceler l’engagement et la curiosité des candidats à travers leur posture en entretien, leur discours sur le poste et leur capacité d’adaptation. Les expériences scolaires, associatives ou personnelles sont des éléments différenciants, même en l’absence d’un parcours professionnel riche.
La lettre de motivation, encore essentielle
Si certains étudiants doutent de son utilité, la lettre de motivation reste un outil majeur de sélection : 77 % des recruteurs la demandent. Elle permet d’évaluer la capacité des candidats à structurer leur pensée, à exprimer clairement leurs motivations et à s’approprier les spécificités du poste visé.
Certains étudiants vont jusqu’à analyser les valeurs de l’entreprise ou les profils des recruteurs pour adapter leur discours. Cette préparation, qui inclut souvent une recherche approfondie en amont de l’entretien, est jugée particulièrement efficace par les professionnels interrogés.
Lien vers l’étude : urlr.me/PU8YeT